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 La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)

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ΛΣTHΣR
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Apolline Lodge
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Message (#) Sujet: La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)   Dim 16 Avr - 17:03


Anathema&Apolline
La souffrance a ses limites, pas la peur


Le sol était froid, inconfortable. Pourtant, Apolline arrivait à en apprécier son sens. La nuit, elle semblait pouvoir dormir sans avoir trop peur de ce qui pourrait lui arriver. D’après les premiers calculs qu’elle avait fait – car elle n’avait pas grand-chose d’autres à faire dans cette cage – lui permettait d’en conclure que les interrogatoires se passaient en journée. Ces sauvages avaient sans doute besoin de dormir aussi. Apolline aussi. Pourtant elle n’arrivait pas à trouver le sommeil, malgré son épuisement. Son cerveau fonctionnait à plein régime, l’empêchant de trouver la paix l’incitant à s’endormir. Puis il y avait cette peur constante qui la paralysait de la tête aux pieds. Elle était totalement terrifiée par ces sauvages, et encore plus par ceux qui l’avaient kidnappé. Sa peur pouvait se ressentir à des kilomètres à la ronde. Mais cela semblait être un sentiment que ces sauvages ne comprenaient pas. Ils s’en fichaient complètement. 4 jours qu’elle était là et chaque jour, elle avait eu le droit à la visite d’une femme. Ces 4 jours se ressemblaient tellement, puisqu’ils se déroulaient tous de la même façon. Chaque fois cette femme l’interrogeait, lui posant des questions avec une certaine diplomatie. Mais c’était trop tard. La diplomatie ne servait à rien avec Apolline dans cette situation inconfortable. S’ils ne l’avaient pas enlevé et enfermé dans ce lieu lugubre, alors tout aurait pu être différent. La jeune femme se serait sans doute plus ouverte, à une certaine limite évidemment. Mais elle aurait été beaucoup plus bavarde. C’était sa nature après tout. Apolline était un rayon de soleil, prête à aider ses prochains. Cependant, là, ils ne s’y prenaient pas de la meilleure manière. Diplomatie ou pas, elle était enfermée, traitée comme quelqu’un d’inférieur à eux. Cela ne donnait pas envie d’ouvrir le dialogue. Puis même si elle le voulait, elle ne pouvait pas, elle n’y arrivait pas. Elle était paralysée par la peur, mentalement parlant.

Allongée à même le sol, Apolline ne pouvait s’empêcher de remuer dans tous les sens et de garder les yeux grands ouverts. Elle essayait d’avoir des pensées positives pour ne pas perdre son optimiste. Elle sortirait de là, c’était une évidence. Mais il y avait encore tellement de donnée floue. Quand ? Comment ? Seule ou accompagnée ? Apolline ne savait même pas si elle était seule ou pas. Certes, elle avait remarqué que des rescapés du vol disparaissait depuis le crash…mais depuis son arrivée ici, elle n’en avait vu aucun. Peut-être que cela était fait exprès, les séparer pour éviter toute tentative d’évasion ou échange d’information. Ou alors il y avait une autre tribu sanguinaire dans la jungle. Toutes ses pensées n’aidaient pas. Il lui fallait des pensées heureuses. Apolline ferma les yeux et essaya de les garder ainsi. Ses oreilles prendraient le relais. C’était calme aux alentours de sa cage, comme d’habitude. Mais au loin, elle arrivait à quelques bruits venant de la tribu. Tous ne dormaient pas apparemment ! Qu’importe. Maintenant elle voyait les images de sa famille restés à New-York, mais également les images de ses nouveaux amis qu’elle s’était rapidement fait sur l’île. Oui. Ils lui permettront de tenir. Mais pour combien de temps ? En tout cas, là, ça avait fonctionné. Petit à petit Apolline avait rejoint les bras de Morphée.

Impossible de savoir combien de temps s’était écoulée mais la tranquillité d’Apolline venait d’éclater en mille morceaux. Elle ne s’était pas réveillé toute seule, encore moins parce qu’elle avait assez dormi. Non, son réveil fut assez brutal, provoqué par quelque chose…ou plutôt quelqu’un. En sentant une pression sur son bras, les yeux de la jeune femme s’ouvrirent brusquement. Le cauchemar total ! La femme qui se tenait à ses côtés était complètement terrifiante. Et le plus effrayant dans l’histoire c’est qu’elle n’était pas totalement inconnue aux yeux d’Apo. C’est elle. C’était à cause d’elle qu’elle était là. Mais depuis sa capture, elle ne l’avait pas revu. Elle fut d’ailleurs ravie de ne pas l’avoir revu puisqu’elle était sans doute l’une des plus terrifiantes de sa tribu. Bon, il fallait avouer qu’Apolline n’avait pas vu beaucoup de sauvage. Son cœur battait de plus en plus vite et la pression que la brune sauvage exerçait sur son bras était de plus en plus forte. Sous la douleur, nouvelle, qu’elle ressentait, Apolline plissa les yeux et serra les dents. Par réflexe, elle essaya de rendre la pression moins forte, en essayant de détacher les doigts de la sauvageonne. Malheureusement, elle avait beaucoup plus de force que la pauvre petite Apolline. Alors d’une voix fluette, complètement apeurée, Apolline prit son courage à deux mains pour adresser quelques mots à la guerrière. « Vous me faites mal. » Peut-être que ce n’était pas son intention première ? Peut-être que si elle lui disait simplement qu’elle avait mal, elle arrêterait, non ? Un peu naïve la jeune femme.

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Anathema Aeternalïs
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Message (#) Sujet: Re: La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)   Lun 17 Avr - 4:00

LA SOUFFRANCE A SES LIMITES,
PAS LA PEUR.

- apollina — anathema -

Tell your heart that the fear of suffering is worse than the suffering itself.

Elle serre les dents la jeune fille. L'ordre vient de tomber. Elle savait bien, Anathema, qu'on allait lui demander ça un jour. Elle s'en doutait qu'elle serait bientôt responsable de la souffrance d'autrui. Elle n'aime pas ça demoiselle. Pas plus qu'un autre. Mais malheureusement, elle est douée pour ça. Il y a un truc chez elle qui s'éteint, et lui permet d'instaurer le règne de la souffrance, le règne de la douleur. Il y a chez elle, une sorte de fonctionnalité, une application 'tortionnaire' qui n'a besoin que d'une petite poussée pour s'enclencher et effacer pendant un certain laps de temps son humanité. Mais ce n'est jamais de son propre chef. ça arrive, subitement. Ce sont les autres qui l'y poussent. Elle en a peur, Anathema, de cette part d'ombre, c'est peut-être ce qui lui fait le plus peur au monde, son côté très obscur. Elle en a peur, parce qu'elle ne sait pas si elle pourra sortir de cette transe ténébreuse. Elle ne connait jamais l'issue d'une de ses crises. Il y a eu des morts parfois, et des blessés, plus souvent.

Elle a protesté, la jeune fille. Elle ne veut pas faire ça, elle refuse de faire ça. Et pourtant.. pourtant, rien n'arrêtera Freyïa. Elle veut des réponses et les obtiendra d'une manière ou d'une autre, et apparemment, peu lui importe de faire souffrir aussi bien une rescapée qu'une personne de sa tribu. Après tout, la tribu est nombreuse, une de plus ou une de moins. Peut-être même qu'elle se dit que ce serait un bon débarras, s'il n'y avait plus Anna. Si cette dernière venait à disparaître derrière sa façade terrifiante, Freyïa aurait une raison de l'enfermer pour de bon, sans aucune objection. Si Anna venait à se perdre, alors Freyïa ne l'aurait plus dans les pattes à protester, encore et encore, encore et toujours. Peut-être bien que c'est ce qu'elle recherche la chef. Se délester des nuisibles. Anathema et sa personnalité complexe sont clairement une gêne.

Alors Freyïa l'a provoquée, l'a poussée dans ses retranchements, jusqu'à ce qu'Anathema change. Jusqu'à ce que la jeune femme voit rouge. Elle a fait de son mieux pour garder son calme. Elle a tout tenté, respiration, évasion, ignorance. Rien n'a pu empêcher la bête de remonter à la surface. Alors on l'a enchaînée, pour éviter les accidents. Et c'est accompagnée de la diplomate du jour, qu'Anna est conduite vers les gouffres qui servent de cages. Le gardien dort. Du bout du pied, l'autre pousse la jambe du gardien endormi. « Eh! » grogne Anna. Sa voix est rauque. Tendue. « aller! réveille-toi, on descend. » ajoute l'autre native, Kleïa, celle qui avait eu l'occasion de questionner pendant des jours durant la pauvre proie en position fœtale au fond de son trou..

L'échelle de corde se déroule, et sous les pieds d'Anathema craquent les barreaux de bois. Le sol humide enfin sous ses pieds, Kleïa détache les fers qui lui lient les mains. Aussitôt libre Anna se tourne vers elle. Kleïa proteste et lui montre la jeune femme endormie à ses pieds. Anna comprend, Anna ne raisonne pas vraiment. Elle s'approche de sa future victime. Pas un brin de compassion, pas un soupçon d'humanité ne demeure en elle. Elle voit rouge, elle voit couleur de sang. Sa haine, sa colère sont remontée trop près de la surface et l'accaparent trop violemment pour qu'elle puisse ressentir autre chose. Elle saisit le bras de la jeune fille endormie, et la redresse. Les yeux du visage d'ange s'ouvrent enfin. Souffrance, peur, terreur. Tout se lit sans ses yeux, mais rien ne parvient jusqu'à la conscience d'Anathema. Les petites mains frêles aux doigts faibles tentent de desserrer l'étreinte de la Malédiction. Mais elle serre Anathema. Elle ne s'en rend même pas compte. « Vous me faites mal. » qu'elle proteste, la petite fille terrifiée. Mais Anathema ne comprend pas sa langue. Alors c'est l'autre la deuxième qui se tient aussi loin qu'elle le peut qui traduit. Mais Anathema n'entends pas, elle n'entend plus. Elle le sait, l'autre. Elle a connaissance de ce qui se raconte sur la jeune brune dans la tribu. Elle sait qu'il ne faut jamais se tenir trop près d'elle.

Anathema accroupie à côté de la petite demoiselle fluette, ne défait pas sa poigne. Elle connait son but, et elle parviendra à son but. Elle n'a qu'une chose en tête. La faire parler. C'est ce que Freyïa veut, plus vite ce sera fait, mieux ce sera. Alors le visage d'Anna s'approche lentement de celui de la prisonnière. Elle place ses lèvres tout contre son oreille et murmure dans sa langue gutturale : « yu will tel ai chit yu laik ask o yu laik na suffer » et la diplomate de traduire d'une voix tremblotante face au ton menaçant d'Anathema : « soit tu réponds aux questions, soit tu souffres. » Anathema recule un peu. Elle regarde la pauvre fillette droit dans les yeux. Son regard ne vacille pas. Elle ne ressent pas la détresse, l'effroi de sa victime. Elle ne sait qu'une chose : il faut la faire parler. « yu bet tok. ai laik na yu worst nitmaere gon ai can make tam see long » la menace proférée les dents serrées. Sa dentition brille dans la nuit comme les dents du prédateur sous la lumière de la lune. La voix tremblante de Kleïa l'interprète retenti à nouveau : « Tu ferais bien de parler. Ou elle deviendra ton pire cauchemar, car elle peut faire en sorte que le temps s'étire. » A peine ces mots, incompréhensibles pour Anathema prononcés, elle lâche le bras de la prisonnière et pose sa première question. « chon yu bilaik? were laik yu kom? » « Qui êtes-vous? D'où venez-vous? » Anathema se dresse de tout sa hauteur et domine la pauvre petite pimprenelle gisant sur le sol.

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ΛΣTHΣR
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Apolline Lodge
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Message (#) Sujet: Re: La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)   Lun 17 Avr - 18:12


Anathema&Apolline
La souffrance a ses limites, pas la peur


Son petit trou allait finir par devenir trop petit. Ce n’était pas une seule personne qui avait rejoint Apolline mais deux. Cela, elle l’avait compris quand elle entendit une seconde voix faisant la traduction. Cette deuxième personne n’était pas non plus une inconnue pour Apolline. Certes, elle ne connaissait rien de cette sauvage mais elle était celle qu’elle avait vu le plus de fois depuis son arrivée ici. Impossible de compter le nombre d’heure qu’elle avait passé en sa compagnie. Mais le temps ne passa pas rapidement. Le silence qu’Apolline avait instauré était pesant. Et en la voyant là, avec la guerrière, la jeune femme comprit rapidement. Fini la discussion sympathique. Et la brune qui se tenait à ses côtés n’allait sans doute pas lâcher, un peu comme son bras à l’heure actuelle. Un flot d’émotion envahit la jeune femme. Le ton de la sauvageonne était terrifiant, à l’image de sa carrure, de son physique. La proximité que la guerrière met entre elle et Apolline ne fait qu’accentuer les battements de cœur de cette dernière. Même sa langue est terrifiante, incompréhensible. Mais l’autre était là pour servir de Google traduction, avec un ton plus calme. Non, calme n’était pas le bon mot. Sa voix était toute tremblante et autant dire que ce n’était pas rassurant. Pourquoi elle semblait avoir peur de la guerrière ? La seule personne qui avait le droit d’être en flip total, c’était Apolline. Et c’était bel et bien le cas ! Cependant, cette traduction ne servait pas à grand-chose. Compréhension ou pas, le résultat restait le même. Diplomatie ou pas, il n’y avait pas de changement pour le moment. Apolline restait muette.

La peur grandissait en elle. Notamment en entendant les menaces. Apolline n’avait pas du tout envie de souffrir. Cependant elle n’avait pas non plus envie de répondre aux questions que pourrait poser les deux sauvages. Et au-delà de cette non-envie, elle était surtout paralysée. Tous ses membres l’étaient. La preuve, lorsque la guerrière lui lâcha le bras. Apolline n’eut pas la force de rester gainé. Elle retomba immédiatement sur le sol. Son bras lui faisait mal. Elle posa ses yeux sur la marque rouge que lui avait laissée la sauvageonne. C’était dingue la force qu’elle avait. Ce n’était pas une femme, c’était impossible ! Qu’importe, Apolline n’arrivait pas à penser comme d’habitude. Pour le moment, elle avait les paroles de la traductrice dans son esprit. Ca faisait peur. Et à vrai dire, elle vivait déjà un cauchemar. Elle sentait les larmes monter en elle. Il fallait arrondir les angles. Elle ne pouvait pas rester silencieuse. Elle devait essayer de répondre à ses questions, sans trop en dire. Juste assez pour limiter la casse. Malheureusement, Apolline ne semblait plus avoir totalement contrôle de son corps. Sa bouche s’ouvrait et se refermait, comme si elle parlait tout simplement. « … » Aucun son ne sortait de sa bouche. Quel moment de solitude.

« Ap…Apo…Apolline. » Ce fut difficile mais Apolline venait de répondre à une de ses questions. Elle avait réussi, tant bien que mal, à aligner un mot. Un seul mot. Cet interrogatoire promettait d’être long, très long. Sans doute pour fuir le regard de sa tortionnaire, Apolline posa le regard sur la traductrice. Elle était éloignée, et ne prenait pas vraiment part à ce qui se passait dans ce trou. Puis son regard se posa sur l’échelle fait de corde et de bois. Elle n’était pas remontée. C’était la première fois. Chaque fois, l’échelle de fortune disparaissait, même quand il y avait de la visite. Là non. Peut-être un oubli. Il en fallut pas plus pour que l’instinct de survie prenne le dessus. Clairement, Apolline n’avait plus du tout contrôle de son esprit et encore moins de son corps. Dans un élan de force et de courage, Apolline se leva, courant aussi vite qu’elle pouvait pour atteindre l’échelle. Chose qu’elle ne tarda pas à faire, mettant un pied sur le premier bout de bois. Premier et sans doute dernier…

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Anathema Aeternalïs
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Message (#) Sujet: Re: La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)   Mar 18 Avr - 16:30

LA SOUFFRANCE A SES LIMITES,
PAS LA PEUR.

- apollina — anathema -

Tell your heart that the fear of suffering is worse than the suffering itself.

Ça y est. L'instant est venu. La peur de la jeune fille grandit, et grandit encore, et enfin, Anathema la sent. Elle est perceptible sa peur, elle a une odeur. Une odeur âcre et puissante. Elle est même palpable la peur de sa victime. Il n'y aurait qu'à toucher son bras pour prendre l'ampleur de la paralysie totale dans laquelle elle est plongée, petite fille. Elle pourrait même être entendue s'il n'y avait aucun bruit à l'extérieur. On entendrait battre le cœur de la victime chamboulée. Elle est visible sa peur. Elle tremble la martyre, elle tremble, et semble incapable de prononcer une syllabe. Et imperceptiblement le temps s'étire, pour que la peur prenne pleinement possession du petit être affolé. Encore et encore. Puis Anathema cesse. Elle cesse de jouer avec les perceptions de la pauvre petite terrifiée. Elle attend une réponse. Elle doit obtenir des réponses.

Enfin la voix de la jeune fille se fait entendre, tremblotante à l'image de ses membres, terrifiée à l'image de son corps tout entier, presque paralysée. Elle bafouille, bégaye, et fini par sortir un mot. Sûrement son nom. Si elle avait le temps d'y penser, et surtout la présence d'esprit, Anathema se serait sans doute dit que c'était un joli nom, aux sonorités chantantes et féminines. Mais elle n'y pense pas dans l'instant Anna, elle est trop focalisée sur une suite qui pourrait parvenir à s'extirper de la bouche de la prisonnière.

Soudain, la captive se dresse, et s'élance vers le mur dans le dos d'Anathema. Celle-ci ne comprend pas tout de suite pourquoi. Mais en un instant, elle se tourne et comprend. Elle a de l'espoir la détenue. L'espoir de la liberté. Elle a saisi la corde et posé un pied sur le premier barreau. Elle a bandé ses muscles pour se hisser de toutes ses forces vers la sortie de son gouffre. Mais elle ne sait pas la parquée, elle ne se doute pas, qu'elle ne parviendra jamais jusqu'en haut de l'échelle qui lui laisserait un accès à sa délivrance. Et d'un sourire en coin sadique, punitif, et cruel, Anathema fige le temps. Tout s'arrête. Les bruits, le vent, la respiration de Kleïa. Tout. Tout est en suspend. Sauf la conscience de la pauvre Apolline piégée dans un corps sans vie, et Anathema. Anathema, l'anathème en pleine puissance. La malédiction, l'enfer sur terre. Elle est libre, elle, des entraves du temps. Elle se dirige doucement vers la jeune fille encore perchée, dont la peur doit encore s'intensifier. Si elle était dans son état normal, elle n'aurait jamais fait ça Anna. Elle n'aurait jamais maintenu la conscience de sa captive encore limpide. Elle l'aurait simplement arrêtée. Mais Anna furieuse devient impitoyable et brutale. Elle se glisse derrière elle, et passe une main dans ses longs cheveux sales et emmêlés. Elle agrippe sa chevelure à la racine, et serre. Elle glisse sa bouche près de l'oreille de la captive, une nouvelle fois. D'un regard vers l'interprète elle lui rend sa liberté. Et Kleïa l'apeurée, se colle un peu plus contre le mur de terre. Enfin la voix menaçante d'Anathema résonne tout près de l'oreille d'Apolline statufiée mais consciente, tout contre sa joue.. « yu can nou ge out! » Kleïa tremblante traduit douloureusement, comme si c'était elle la victime, comme si c'était elle la condamnée : « tu ne peux pas t'échapper. »

Alors le temps reprend son cours avec la volonté de la damnation personnifiée. Et aussitôt le voile du temps levé, elle tire sur la chevelure de l'emprisonnée, et l'envoie rejoindre son trou contre son mur. Alors elle murmure sa sentence, Anna. Elle la murmure bien moins fort que le glas d'un condamné à mort, mais bien plus puissante et horrifiante que tout autre son qu'un humain ait pu un jour entendre. « yu ste hir kom me! » Kleïa frissonne, et après avoir dégluti, elle traduit lentement, le plus calmement possible : « tu vas rester ici avec elle » Anathema sait bien que Kleïa n'a aucune envie d'être là. Elle sent bien sa peur à elle aussi. Mais elle est en colère, et leur peur ne fait que renforcer sa colère. Elle qui peut pourtant se montrer si douce et rieuse, est à présent sombre et cruelle. Elle attrape un poignard fixé à l'arrière de sa cuisse et le fait virevolter sous les yeux d'Apolline la paniquée. Elle laisse le temps suivre son cours, mais elle prend son temps. Elle brille la lame, sous la lumière de la lune, et le reflet de la torche à l'entrée de leur abîme, à la porte de l'enfer. « try bilaik won mo tam en yu die. » l'écho de sa voix accablante résonne dans leur petit univers ténébreux. La voix caverneuse d'Anathema sonne écrasante, telle la sentence irrémédiable. L'interpète traduit sinistrement, la menace lugubre de la maudite : « essaye quelque chose comme ça encore une fois et tu es morte. » Anna la terrible, Anna la forcenée sourit. Destruction. Ravage. et la question sans réponse vibre encore : « were laik yu kom? » « D'où venez-vous? »

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Apolline Lodge
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Message (#) Sujet: Re: La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)   Mer 19 Avr - 16:23


Anathema&Apolline
La souffrance a ses limites, pas la peur


L’instinct de survie était parfois incompréhensible et pouvait conduire à des situations pires que la situation initiale. C’était tout simplement ce qui était en train de se passer. Et pourtant, Apolline y avait vraiment cru. Un véritable espoir avait grandi dans son cœur, notamment lorsque son pied se retrouva sur le premier barreau. Elle ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. Elle était prête à poser le deuxième pied. Mais il resta en l’air, tout comme sa main qui cherchait la troisième barre. Ce n’était plus la peur qui la paralysait. Elle était réellement figée dans le temps. Son corps ne bougeait plus, ses yeux ne clignaient plus, les battements de son cœur ne s’entendaient plus. C’était comme si le temps tout entier s’était arrêté. Et pourtant, Apolline était toujours consciente. Ou peut-être qu’elle venait de mourir ? Cette impression, ce ressenti était étrange, indescriptible. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, elle n’arrivait même pas à tourner la tête, à bouger ses yeux. Apo était tout simplement impuissante.

Est-ce que c’était le cas pour tout le monde dans ce trou ? Il fallait croire que non. En effet Apolline sentit une main passer dans sa chevelure rendue épaisse à cause de la saleté et de l’impossibilité de se coiffer. Si la jeune femme était figée dans le temps, ses émotions et la perception de la douleur étaient pourtant bien présentes. Apo arrivait parfaitement à ressentir la douleur du tirage de cheveux. C’était d’autant plus douloureux qu’Apolline avait les cheveux emmêlés ! Impossible de fermer les yeux, d’émettre un petit bruit, impossible de laisser les larmes couler le long de ses joues…de douleur, de peur. Et désormais, c’était le souffle chaud de la guerrière qu’elle pouvait sentir. Elle se trouvait près de son oreille, une seconde fois. Et comme la première fois, la sauvage décida de lui murmurer à l’oreille. Ses paroles venaient de briser complètement l’espoir de liberté, l’espoir de la fuite qui avait grandi en elle, en quelques instants. Il fallait se rendre à l’évidence. Ce n’était pas cette nuit qu’elle s’échapperait !

Puis ce fut la délivrance. D’une certaine manière évidemment. Parce qu’Apolline était coincée, dans ce trou, avec ces deux femmes sauvages. Mais elle avait retrouvé le peu de liberté qui lui restait : celui de ses mouvements. Son cœur battait à nouveau, elle arrivait à cligner des yeux et ses larmes perlèrent enfin sur ses joues. Le cours du temps venait de reprendre comme par magie. Ce n’était à n’y rien comprendre. Comment cela s’était-il produit ? Par qui ? A première vue, la sauvageonne semblait être à l’origine de tout ceci. Mais pour le moment, Apo n’arrivait pas à penser à quelque chose d’autre. Celle qui occupait ses pensées se tenait à ses côtés, la main dans ses cheveux. « Aaaaah !! » Impossible de contenir son cri de douleur. Sa tortionnaire venait de la tirer par les cheveux et l’envoyer valser vers le mur de son petit trou. Un retour à la case départ très douloureux. Apolline n’arrivait plus à contenir ses larmes. Elle avait mal, elle avait peur. Son courage et ses espoirs envolés, elle ne trouvait plus la force de se lever, de se remettre en position assise, position légèrement plus confortable que celle-ci. Malgré sa position allongée, collée au sol, Apolline parvenait toujours à voir et à écouter et surtout à ressentir. Alors qu’elle pensait que sa peur était à son apogée, Apolline arrivait encore à sentir sa peur grandir. Elle était effrayée à l’idée de ne pas savoir qui étaient ses tortionnaires, et ce qu’ils étaient capables de faire. Elle était effrayée de cette lame brillante avec laquelle la sauvage jouait. Cela ne servait à rien de combattre plus longtemps. Il était clair qu’Apolline était faible et n’arrivait pas à faire face à cette femme. Elle devait se résoudre à répondre à ses questions. Mais hors de question de lui faciliter la tâche. Ses réponses seraient à la hauteur de ce qu’elles faisaient subir à Apo : pitoyable ! « Je…je viens de New-York. » Ni plus, ni moins. Elle n’allait pas non plus se dévoiler comme ça. En temps normal, elle aurait pu. Mais face à cette situation, c’était clairement impossible. Puis il fallait quand même qu’elle sache à qui elle faisait face. Est-ce qu’elle avait raison de commencer à parler ? Est-ce que ça n’allait pas la mener à sa perte ? Comme les mamans le disent très bien ‘ne parle pas aux inconnus’. Rassemblant son courage, Apolline essaya d’en savoir plus. Malgré le stress, la peur et la douleur, quelque chose avait piqué la curiosité de l’étudiante. Et si la situation faisait d’Apolline quelqu’un de renfermée, elle ne pouvait pas aller contre sa nature. Apolline était curieuse, elle voulait en savoir plus. « Com…comment vous avez fait…ça…Vous êtes quoi ? » Car la théorie d'humains totalement normaux perdait crédibilité avec ce qu'Apolline venait de vivre. Mais elle n’était pas sûre d’obtenir des réponses. Après tout, c’était Apolline qui était dans l’inconfortable position de victime. Pourquoi sa tortionnaire lui donnerait des réponses. Cependant, qui ne tente rien n’a rien ! Alors elle tentait la petite Apolline. Mais désormais elle se demandait ce qu’il fallait qu’elle fasse par la suite. Répondre à ses questions ou retourner dans son silence qui la caractérisait tant depuis son enlèvement ? Telle était la question. Et il fallait qu’elle trouve la réponse assez rapidement pour éviter de faire quelque chose qu’elle regretterait face à sa tortionnaire.

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Anathema Aeternalïs
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Message (#) Sujet: Re: La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)   Ven 21 Avr - 2:02

LA SOUFFRANCE A SES LIMITES,
PAS LA PEUR.

- apolline — anathema -

Tell your heart that the fear of suffering is worse than the suffering itself.

Les réponses viennent finalement. Au compte-goûte, certes, mais elles sortent tout de même de la bouche de la demoiselle recroquevillée à ses pieds. Ou peut-être devrait-on dire, qu'Anathema les lui a arrachées, ces réponses. Elle les extirpe de cet être en pitoyable état avec lequel elle est loin d'avoir fini. Nu Yok... Qu'est-ce que c'est que cette chose? Est-ce un endroit? La curiosité d'Anna est piquée, elle est piquée de vert sa curiosité, comme toujours, lorsqu'Anathema se pose des questions. Un vert qui écarte un peu le voile rouge sanglant de sa colère, assez pour lui laisser un flash de lucidité. Un léger mouvement de recul. Elle se tourne vers Kleïa, comme si elle ne comprenait rien de ce qui se passait, d'un seul coup. L'incompréhension grisée qui obscurcit le reste. Kleïa semble tout aussi indécise, mais l'effroi a l'air de tout de même dominer ses émotions. Et la peur de Kleïa renforce les sentiments de haine d'Anna. Et le voile rouge de recouvrir les yeux de la guerrière. Elle se hait, Anna, elle hait ce qu'elle fait, ce qu'elle est parfois. Mais elle est aveuglée par cette haine. Elle ne voit rien d'autre que son objectif. Elle n'a en tête qu'une chose : arracher des réponses. Après ça, il y aura Amatheïa. Après ça, il y aura certainement le retour au calme, le retour au bleu pâle et au rose quartz. La quiétude, la sérénité. Il n'y aura plus que le jaune de sa culpabilité pour faire planer un nuage nauséabond sur sa conscience. Mais ça, elle ne l'envisage même pas Anna. Elle n'en a même pas conscience la jeune guerrière? Tout ce qu'elle sait c'est que la rage qui l'habite la contrôle. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle doit obéir à Freyïa. Tout ce qu'elle sait, c'est que le rouge l'envahit. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle ne doit pas revenir les mains vides. Sans quoi, ce sera à son tour d'être dans la position d'Apolline. Alors Anna s'approche à nouveau de sa victime, de son souffre douleur, prête à poser une nouvelle question, prête à poursuivre l'interrogatoire de manière musclée, pour obtenir d'autres informations, plus vite encore. Mais elle n'en a pas le temps. La demoiselle terrifiée a rassemblé son propre courage pour poser ses propres questions. Ce qui a le don d'interrompre la jeune tortionnaire prise au dépourvu, par la bravoure dont la pauvre petite chose fait preuve. Le vert resurgi. Ils sont rares les martyrs qui osent poser leurs questions. Ils sont rares ceux qui résistent assez pour avoir des élans de curiosité.

Kleïa lui traduit les dires de la petite effrayée. Doucement dans un murmure, comme si elle avait peur qu'Anna se retourne contre elle plutôt que contre l'autre, pour avoir osé la questionner. Elle saisit le sens de ce qu'elle lui dit, Anna, sans vraiment quitter des yeux le visage de sa victime encore à terre. Elle attends Anathema, que le vert chasse le rouge. Le regard interrogateur de la martyre, sa curiosité à peine masquée par sa terreur. Et lorsque le sens réel de cette question s'enfonce dans sa tête, alors elle comprend Anna. Elle comprend que la pauvre petite à terre n'a rien à voir avec elle, avec eux. Elle est frêle et innocente. Elle est impuissante. Elle n'avait aucune intention en débarquant ici, n'est-ce pas? Elle se lève brusquement, Anna. Et recule. Jaune. Tout est jaune. Elle regarde autour d'elle étonnée. qu'est-ce qu'elle fout là, Anna? D'un coup, d'un seul, elle retrouve sa lucidité, comme ça ne lui était jamais arrivé avant. Qu'est-ce qu'elle fout là? Elle regarde autour d'elle. Elle prend conscience Anathema. Elle lâche sa lame, Anna. Elle sait. C'est elle qu'a fait ça. C'est elle qui panique la petite créature prostrée sur le sol de ce trou lugubre. Ça aurait pu être pire, qu'elle se dit la paumée. Le bleu intense du soulagement prend sa place en elle. Ça aurait pu être tellement pire! Elle recule l'atroce. Elle a peur de ce qu'elle fait.

Mais elle est curieuse aussi. Alors elle s'approche les mains levées pour lui faire comprendre qu'elle voulait pas, que c'est pas vraiment elle qui fait ça. Elle s'approche doucement pour ne pas plus l'effrayer la pauvre petite. Et elle murmure, mais délicatement, cette fois-ci : « ai laik sore.. ai did nou min kom do bilaik.. » Elle aimerait pouvoir faire passer son message par les pensées. "Je suis tellement désolée, si tu savais. Je ne voulais pas vraiment faire ça. Je suis tellement désolée..." Sa voix est douce à présent. Elle se sent coupable, tellement contrite. Elle ramène une mèche de cheveux derrière l'oreille d'Apolline dans un geste carressant, presque tendre. Elle espère tellement que Kleïa va continuer de traduire. Elle ne doit rien y comprendre la petite. Elle aimerait tellement faire comprendre à sa victime qu'elle est désolée, que ce n'est pas vraiment de sa faute. A cet instant, elle échangerait volontiers son don pour celui de Kleïa. Mais elle est silencieuse, Kleïa, elle ne traduit plus. Alors c'est vers elle que se tourne Anna. Le regard implorant. Elle lui demande de traduire. Mais elle ne le fait pas Kleïa. Elle reste interdite. Silencieuse. « kleïa! tel em! » Dis-lui! qu'elle lui ordonne. Il faut qu'elle sache, la jeune fille encore étendue à ses pieds. Mais rien à faire, Kleïa la défie du regard et refuse de traduire. « ai can nou, freyïa sai ai can nou. » Mais la fureur rouge d'Anathema la dépossède de sa lucidité. C'est le nom de Freyïa qui la met en colère. Evidemment! Kelïa ne désobéirait jamais à Freyïa. Alors la damnée sort une autre lame et se tourne vers Kleïa. « em ste yu bilaik will suffer, wen tam kom » qu'elle crie à Kleïa. Elle veut la faire souffrir, Anna, pour avoir été complice de cette torture. Pour l'avoir encouragée dans cette voix. Mais avant ça, elle doit se calmer. Elle doit aider la pauvre petite rescapée. Alors inconsciente, elle se tourne, l'infâme, face à sa victime.

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Message (#) Sujet: Re: La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)   Dim 30 Avr - 13:22


Anathema&Apolline
La souffrance a ses limites, pas la peur


La situation semblait changer. Quelque chose avait changé dans le regard de la tortionnaire. Est-ce que c’était la question d’Apolline qui avait permis de changement d’état ? L’autre sauvage avait traduit sa question dans leur langue. Elle n’y avait pas été obligée mais elle l’avait fait. C’était déjà ça ! Peut-être que petit à petit, Apolline atteindrait son but. Son objectif principal n’était évidemment pas d’en apprendre plus sur eux, mais de sortir de ce trou. La première tentative avait été un pur échec. Fallait-il abandonner totalement ou y avait-il encore un espoir ? Le bruit de la lame qui venait de tomber était un indicateur encourageant pour la jeune femme. Ce changement d’attitude, de comportement était synonyme d’espoir. Apolline recommençait à croire, à entrevoir une ouverture vers la sortie, la liberté. Malgré tout, sa peur était encore bien présente. Apo était toujours terrifié. Même lorsque la tortionnaire leva les mains en s’avançant vers elle. Dans un réflexe de peur, la jeune femme se recula, en s’aidant de ses bras. Elle se poussa, étant donné qu’elle était toujours à moitié allongée sur le sol. Malheureusement, son dos heurta très rapidement le mur du trou. Impossible de reculer plus, de s’éloigner de son cauchemar du moment. La tortionnaire pouvait facilement s’approcher d’elle. Et c’est ce qu’elle fit. Cependant, ses gestes étaient plus dosés, plus doux. Lorsqu’elle sentit la main de la sauvage sur son visage, remplaçant presque délicatement une de ses mèches de cheveux, Apolline ferma les yeux. Elle tremblait de peur. La femme qui se tenait devant elle était trop imprévisible. Ce geste tendre pouvait rapidement se transformer en un geste qui l’était beaucoup moins. Elle le savait la petite Apo. Même si elle ne connaissait pas plus que ça la sauvageonne, Apolline se rattachait à ce qu’elle venait de vivre.

Les yeux toujours fermées, ses membres tremblants, Apolline écoutait tout de même ce que la tortionnaire lui disait. Avait-elle vraiment le choix de toute façon ? La femme qui se tenait devant elle, à sa hauteur, parlait dans sa langue à elle. Impossible pour Apo de comprendre ce qu’elle voulait dire. Alors comme une bête docile et disciplinée, Apolline attendait la traduction. Mais cette traduction ne venait pas. Ce silence était intriguant. Trop intriguant pour garder les yeux fermés. Il se passait quelque chose de bizarre. Et pour savoir quoi, il fallait avoir le courage de regarder. Apolline ouvrit donc doucement les yeux. La tortionnaire n’avait plus son visage tournée vers elle. Elle regardait à présent la traductrice. Un échange verbal incompréhensible, le ton était en train de monter. Et Apolline assistait impuissante à la scène. Mais cela tourna rapidement dans le mauvais sens. Alors que la tortionnaire semblait avoir changé positivement…son regarde venait de revenir comme elle l’avait vu lors des premières minutes de leur entrevue. La rage et la colère avaient pris le dessus. La sauvageonne s’était totalement tournée vers la traductrice, tout en restant à côté d’Apolline…ce qui n’était pas vraiment rassurant. Et elle venait de sortir une deuxième lame. Combien d’arme avait-elle dans ses poches ?!

Un flot d’émotion submergea la jeune femme, ce qui eut pour conséquence un nouveau départ de larme sur ses joues. La traductrice venait de remettre la tortionnaire en colère. Et la seule qui allait en subir les conséquences, c’était Apolline. Elle le savait parfaitement et c’était la raison de son état actuel. Il restait encore quelque chose qu’elle n’avait pas tentée : la pitié. Elle en était arrivée à ce point-là. La voix tremblante, toujours autant apeurée, elle tenta de s’interposer entre les deux femmes. « Pitié…Traduisez… » Elle s’adressait clairement à la traductrice. Apolline était intelligente. Elle se doutait que ce changement si soudain devait avoir un rapport avec ce silence de la traductrice. Tout était de sa faute au final ! « Ne…la…laissez pas…redevenir comme…toute à l’heure…S’il vous plait. » Son ton était un mélange entre l’imploration et le désespoir. Oui. Une nouvelle fois, ses espoirs venaient de se briser. Cette ‘discussion’ musclée était un horrible manège à sensation forte, des montagnes russes permanente…entre l’espoir et le désespoir, l’apaisement et la souffrance. Toutes ses émotions, tout ce qui se passait actuellement faisaient littéralement craquer la jeune femme. Les larmes coulaient en abondance sur le visage rosée de l'étudiante. Apolline ne savait pas si elle tiendrait bien longtemps. Elle était si fatiguée. « Pitié…Laissez-moi…partir… » Ces dernières paroles étaient adressées à sa tortionnaire. Malheureusement, si la traductrice ne faisait plus son boulot, toute communication était rompue. Qu’allait-il donc se passer ? Apolline ne préférait même l’imaginer. Elle n’avait même plus de force pour faire quoi que ce soit. Elle était complètement vidée, d’énergie, d’espoir, de tout.

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Message (#) Sujet: Re: La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)   Ven 14 Juil - 17:15

LA SOUFFRANCE A SES LIMITES,
PAS LA PEUR.

- apolline — anathema -

Tell your heart that the fear of suffering is worse than the suffering itself.

La lame d'acier aux reflets oxydés, fermement serrée sur la gorge chaude, palpitante et rosée de la traductrice, Anna commence à perdre pied. Elle est accueillante sa gorge. Elle ferait un beau fourreau framboise pour un éclat d'argent. Elle serre ses dents d'ivoire, Anna. Elle a encore besoin de Kleïa, Anathema. Alors elle respire. Une fois. Deux fois. Ses prunelles furieuses lancent des injures charbonneuses. Elle la maudit, la Kleïa. Elle aimerait lui faire la peau, Anathema. Sa main de marbre se serre sous le tranchant de fer, ses doigts d'albâtre empoignent le col de sa consœur. Elle va payer, Kleïa. Et alors que ses doigts glacés contractent sa gorge, une voix timide, tremblante assourdit les tympans de la jeune bafouée. Lugubre désolation d'une âme en perdition. Amère tristesse, sournoise caresse.

Pitié. Ce son si familier. Ce mot qui revient sans cesse dans la bouche des torturés. Cette litanie lancinante et poignante, qui tord le cœur de la guerrière. Elle cherche, Anathema. Elle fouille ses souvenirs, à la recherche d'un mot perdu. Elle creuse sa mémoire pour un sens disparu. Mais elle a beau chercher, Anna, elle ne retrouve pas dans ces éclats du passé flou et informe dont elle rêve nuit après nuit, le sens de ce mot, de cette rengaine acide, qui revient encore et encore.. et encore. C'est alors qu'elle s'adresse à Kleïa, la tortionnaire ; « kleïa, chek ai au! chek ai au! » Elle cherche son regard, Anathema. Elle cherche les yeux clairs de Kleïa. Elle veut son attention, pleine et entière. Elle veut qu'elle regarde en face, le bourreau de sa liberté « chit du pitié sei? » et le temps se fige, le temps s'éteint. Les bruits s'étouffent, et les mouvements s'éteignent. Le temps s'envole sous la colère de la maudite. Il n'y a plus qu'elles deux. L'interprète et la tortionnaire. La traductrice, et la sadique impératrice.

Kleïa avale sa salive avec précaution. Elle la craint, Anathema. Cette femme sans âme. Cette guerrière sanguinaire. Cette plaie béante. Ce cadavre écartelé. Cette âme morcelée. Elle sait Kleïa. Quand la maudite perd le contrôle du temps, quand l'anathème sème des bribes du temps, tout peut basculer en un instant. Elle la craint plus que Freyïa. Alors elle obtempère, Kleïa. Elle abdique face à la terreur que lui impose la brutale estropiée. Ce fantôme qu'on surnomme : la damnée. « pitié sei beja.. » s'arrache-t-elle un murmure, suppliant pour sa propre vie.

Elle résonne la traduction. beja. Elle résonne comme le glas d'un condamné, et ses relents noirs de désespoir. C'est la damnée, qu'elle interrompt. Je t'implore. Elle ferme les yeux, Anathema. Et les nuances d'acier fumé de son quotidien se teintent de miel. Miel doucereux et amer de sa culpabilité. C'est elle qui arrache leurs suppliques. C'est elle, Anathema, qui extirpe leurs prières. Le temps qu'elle avait suspendu, s'emballe et se déballe. Le temps reprend son cour tel un ruisseau qu'on avait détourné, rien qu'un instant de son lit creusé. Des éclats soufrés qui chassent sa sombre haine. Et c'est une larme céruléenne qui perle sur sa joue zinguée. Et brille, sa culpabilité.

Elle pourrait revenir en arrière, Anathema. Elle pourrait effacer les souffrances infligées. Rien qu'une fois? Mais à quoi bon. Demain, Freyïa de nouveau la manipulera. Demain, elle les infligera. Enchaînée à la boucle du destin. Emprisonnée par les actes des souverains. Elle se sent faible, Anna. Comme la petite demoiselle à genoux devant elle. Elle obéit, elle est finie. Elle refuse, devient recluse. Pauvre, pauvre Anna prise au piège. Alors elle s'avance, elle aussi tremblante vers sa victime aux yeux emplis de larmes qui n'avaient pas eu le temps de s'écouler. A nouveau le temps s'arrête. Mais cette fois-ci, Kleïa se retrouve figée. Kleïa se retrouve exclue de leur conversation « Apolline? » C'est son regard à elle qu'elle cherche cette fois-ci, Anna. Mais avec douceur et compassion. Deux doigts sous son menton elle relève la tête de l'apeurée, jusqu'à ce que leurs regards se croisent, que leurs larmes se reflètent. « ai... » Elle pose une main sur son coeur, Anathema. « yu... » Sa main s'approche lentement du palpitant de sa martyre. « ai elp yu foutaim. » Son regard implore le sien, pour s'assurer qu'elle a compris. Son regard cherche une réponse. Quand le temps sera venu, je t'aiderai, qu'elle lui a murmuré.

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La souffrance a ses limites, pas la peur (ANATHEMA)
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